Naissance du projet (roulotte)
Pour la petite histoire :
2007 : Je rencontre Tyry juste avant de partir en randonnée à pied avec un cheval de bât. Je lui propose de m'accompagner et c'est parti!
Tyry a apprécié la relation qu'il a pu avoir avec la jument. C'est en lui parlant de ma passion pour le voyage et les roulottes qu'on a commencé à rêver de ce projet. J'ai découvert "l'existence" des roulottes un an auparavant en rencontrant la famille Fortuna Major, cirque ambulant voyageant avec leurs 3 enfants...merci à eux!
2008 : Après ma formation de sellier harnacheur à Romans/Isère, nous partons en caravane pour un tour de France à la recherche de roulottiers purs et durs. On en trouve quelques uns, qui nous acceuillent tous chaleureusement et nous donnent toutes sortes de conseils, sur la construction de la roulotte, les chevaux, le mode de vie, les techniques...la plupart d'entre eux ont passé 15 ans sur la route, ce qui nous laisse pensifs...
2009 : Tyry fait sa formation de menuisier à Toulon.
2010 : Je fais mon BPJEPS Tourisme Equestre dans les Vosges, pendant que Tyry construit la roulotte.
2011 : Nous parcourons la Lorraine avec nos chevaux, et testons notre matériel et tout et tout.... 450 km parcourus cet été-là.
2012 : Metz, Prague, Berlin.
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Pourquoi partir? (Il parait que j'ai écrit ça un jour, il y a longtemps maintenant.....)
Le rêve de partir me suit depuis mon enfance, je voulais vivre dans une tribu d'indien. Je m'étais fais la promesse de voyager avec des chevaux quand je serai grande, en regardant un livre sur un tour de France à cheval, que mes parents avaient emprunté à la bibliotèque (attention à ce que vous donnez à lire à vos enfants!).
Qui réalise ses rêves d'enfant? Heureux sont les gens qui y parviennent et satisfaites seront leurs âmes et consciences (avis personnel).
Partir pour un long voyage est pour moi LA chose attendue depuis des années, et attendre une chose pareille pendant les années de lycée, de formation, de travail, c'est très long... Mais en même temps c'est ce qui nous tient en vie, les envies et projets. Découvrir, rencontrer, visiter, observer, respirer, avancer, aimer, sont des termes que j'associe au voyage. Profiter de la vie simplement, vivre.
Je souhaite également par ce voyage revendiquer le droit absolu à la différence. Dans nos sociétés actuelles, où on nous formate dès le plus jeune âge à s'habiller pareil, manger pareil, habiter pareil, penser pareil, vivre pareil, dans le but de satisfaire le besoin de la machine géante qui nous asservit de jour en jour toujours plus. Cette machine est invisible, et fait tout pour qu'on ne s'aperçoive pas qu'on est sous son emprise. Si vous n'osez pas quitter votre travail, si vous pensez qu'il faut absolument travailler (pour pouvoir payer un loyer ou une maison, donc avoir le droit d'habiter quelque part et donc d'exister) si vous avez peur de voyager dans un pays étranger sans trop d'organisation ou peur de ce que vous ne connaissez pas. Et en plus si vous vous en rendez pas compte, c'est que vous êtes déjà esclave. Vous servez à enrichir cette machine invisible (une infime et infâme minorité de gens qui se cachent derrière de belles images, de beaux logos) et participez à la lente agonie du tiers-monde (et pas seulement), grâce à laquelle nous vivons si bien, à la lente agonie du monde animal et végétal, et de tout notre écosystème. Alors oui chaque acte écologique (véritable), chaque refus de consommation d'un produit industriel, chaque initiative personnelle allant à l'encontre de ce qu'on attend de vous, chaque main tendue vers une victime de la machine (pauvre, démuni, étranger, dépressif, malade, enfant, animal...), chaque production personnelle (nourriture, vêtement...produit sans massacrer ni polluer) partagée avec amour, sont des actes de résistances qui affaiblissent ce système injuste. Voilà un peu pourquoi j'avais envie de partir...
Nous remercions les roulottiers qui nous ont aidé et conseillé : Régine et Djy (repose en paix, nous savons que tu galopes dans les étoiles), Michèle et Loulou, Rafaël des Pyrénnes, Céline et Thierry, Isa et Eric de Fortuna Major, Anaïs et Flo Roulenroutes, longue vie à eux! et à tous ceux que nous n'avons pas croisé.
Merci à François et Maud pour leur sympathie, le débourrage d'Happy, pour avoir trouvé Comète, pour les pensions, le prêts de calèches, les conseils, etc, etc...
Merci à Jean-Marie pour les trajets en van.
"Rester serait mourir un peu,
Rester serait comme une sorte de désaveu
Mais partir, c'est recouvrer ses sens,
C'est comme une seconde naissance"
Tété
